Nouvelles règlementations
Cumul emploi retraite à compter du 1er janvier 2027
La Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2026 prévoit de limiter le recours au cumul emploi retraite à compter du 1er janvier 2027.
Dans le contexte du report de l’âge légal de départ à la retraite et de la volonté de favoriser la retraite progressive, comme dispositif privilégié pour organiser une transition graduelle entre l’activité et la retraite complète, l’esprit du texte est de favoriser les retraités les plus modestes quant aux possibilités de cumuler d’autres revenus.
Publié le 14.10.2026
3 étages sont ainsi envisagés :
L’âge légal de départ à la retraite s’échelonne entre 62 ans et 9 mois pour les assurés nés en 1963, et 64 ans pour les générations nés à compter de l’année 1969.
1. Pour un départ avant l’âge légal de départ à la retraite : Ecrêtement total
L’écrêtement sera total, c’est-à-dire que les revenus bruts d’activités ou de remplacement viendront en déduction de la pension vieillesse, voire de la retraite complémentaire.
Exemple : j’ai une pension vieillesse de 1500 € bruts et je perçois 1000 € brut au titre de ma reprise d’activité en cumul emploi retraite, alors ma pension vieillesse sera réduite à 500 € bruts.
Autant dire que ce cumul avant l’âge légal n’est pas intéressant financièrement.
2. Pour un départ entre l’âge légal et l’âge du taux plein (67 ans)
Pour rappel, l’âge du taux plein est l’âge à partir duquel vous pouvez partir à la retraite sans décote, même si vous ne disposez pas du nombre de trimestres nécessaires pour te taux plein.
Autrement dit, vous pouvez partir à taux plein avant 67 ans, seulement si vous disposez du nombre de trimestres nécessaires pour le taux plein, soit 170 trimestres minimum pour les assurés nés en 1963, ce nombre pouvant atteindre 172 trimestres pour les salariés nés à partir de 1966.
Dans ce cas le cumul est limité à 7000 € par an (soit 583 € par mois), au-delà l’écrêtement sera de 50 %.
Ce seuil de tolérance devrait inclure pension vieillesse, retraites complémentaires, revenus d’activités et de remplacement.
Exemples :
Je perçois 7 000 € brut par an au total en cumulant ma pension vieillesse et mon revenu d’activité, le cumul sera intégral.
Je perçois 12 000 € brut par an au total en cumulant ma pension vieillesse et mon revenu d’activité : ma pension vieillesse sera réduite de (12 000 – 7 000) x 50 % = 2500 € par an.
3. Pour un départ à partir de 67 ans
Le cumul sera intégral sans plafond ni écrêtement et les revenus issus des périodes travaillés seront créateurs de droits pour une nouvelle pension.
A noter que dans les 3 cas, le délai de carence de 6 mois devrait être supprimé.
4. Les modalités de l’écrêtement
L’écrêtement interviendra en priorité sur la pension vieillesse, et ensuite sur la retraite complémentaire, le cas échant.
Il sera appliqué sur l’année N+1, une fois les revenus de l’année N connus par la caisse d’assurance retraite.
Pour les salariés, les revenus de l’année N seront récupérés via la DSN. Le calcul sera opéré par la CNAV et appliqué d’avril de l’année N+1 à mars de l’année N+2, voir au-delà si un étalement supplémentaire est nécessaire.
Pour les non-salariés agricoles, l’écrêtement ainsi calculé sera appliqué d’octobre de l’année N+1 à septembre de l’année N.
Un service en ligne sera mis en place pour que les assurés puissent simuler leurs droits.
De même, un dispositif sera mis en place pour déclarer les activités ou revenus dérogatoires, qui échappent par dérogation aux règles d'écrêtement et de plafonnement.
Conclusion
Les assurés qui peuvent bénéficier d’un cumul emploi retraite intégral, ou limité mais financièrement acceptable, ont tout intérêt à partir à la retraite au plus tard le 31 décembre 2026.
Les décrets d’application seront publiés en décembre 2026, notamment pour limiter les effets d’aubaine.
Ces mécanismes pourront donc être modifiés d’ici là.
